2026 n'apporte pas de révolution pour les indépendants, mais une accumulation de petits ajustements qui, mis côte à côte, changent réellement les calculs. Certains montants augmentent, d'autres restent stables malgré des rumeurs de réforme, et un changement de taux peut passer inaperçu pendant des mois si personne ne vous le signale. Voici ce qui est confirmé.
La flat tax passe de 30 % à 31,4 %
Le changement le plus net de l'année concerne les revenus du capital, dividendes compris. Depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique (PFU, ou "flat tax") est passé de 30 % à 31,4 %. La part impôt sur le revenu reste à 12,8 %, c'est la part prélèvements sociaux qui augmente, de 17,2 % à 18,6 %, sous l'effet d'une hausse de la CSG.
Pour un dirigeant de SASU qui se verse des dividendes, c'est une hausse mécanique et immédiate de la fiscalité sur cette part de rémunération. L'assurance-vie, elle, reste épargnée et conserve son taux à 30 % — une exception notable qui ne concerne pas les dividendes de société.
Les plafonds de la micro-entreprise augmentent
Bonne nouvelle pour les auto-entrepreneurs qui s'approchaient de leur plafond : les seuils de chiffre d'affaires de la micro-entreprise ont été revalorisés pour la première fois depuis 2023, dans le cadre de la révision triennale habituelle.
| Activité | Plafond 2023-2025 | Plafond 2026 |
|---|---|---|
| Prestations de services / libéral (BIC-BNC) | 77 700 € | 83 600 € |
| Vente de marchandises, hébergement | 188 700 € | 203 100 € |
Ces nouveaux plafonds restent applicables jusqu'en 2028 (prochaine révision triennale).
Ne confondez pas ce plafond avec le seuil de la franchise en base de TVA, qui suit une logique distincte et reste stable cette année (voir plus bas).
Les cotisations augmentent, mais pas pour tout le monde
C'est le changement le plus facile à manquer parce qu'il ne concerne qu'une partie des indépendants : les professions libérales relevant du régime général (consultants, développeurs, formateurs, designers — toute activité BNC qui n'est pas affiliée à la Cipav) voient leur taux de cotisation passer à 25,6 % du chiffre d'affaires, contre environ 23,2 % auparavant. C'est la poursuite d'une hausse progressive engagée depuis 2024, qui vise à améliorer leurs droits à la retraite.
| Activité | Taux 2026 | Évolution |
|---|---|---|
| Vente de marchandises | 12,3 % | Stable |
| Services commerciaux/artisanaux (BIC) | 21,2 % | Stable |
| Libéral réglementé (Cipav) | 23,2 % | Stable |
| Libéral non réglementé (hors Cipav) | 25,6 % | En hausse |
Concrètement, pour un consultant freelance qui facture 40 000 € de CA dans l'année, cette hausse représente environ 400 € de charges supplémentaires sur l'année par rapport à 2025 — à intégrer dans le calcul de votre TJM si vous êtes dans ce cas.
La franchise de TVA reste stable, malgré les rumeurs
Le seuil de franchise en base de TVA a fait l'objet de plusieurs projets de réforme discutés en 2025 — notamment un seuil unique abaissé à 25 000 € ou 37 500 € pour toutes les activités, ce qui aurait fait basculer un grand nombre de micro-entrepreneurs vers la facturation de la TVA. Ce projet a finalement été abandonné lors des débats parlementaires sur la loi de finances 2026. Les seuils actuels (37 500 € en services, 85 000 € en vente) restent donc en vigueur.
Si vous suivez votre activité de près, c'est une bonne nouvelle de stabilité — mais le sujet reste politiquement sensible et pourrait revenir dans une prochaine loi de finances. Notre guide complet sur la franchise TVA détaille le fonctionnement de ce seuil.
L'exonération ACRE diminue à partir de juillet
Pour les créateurs d'entreprise, l'aide à la création (ACRE) reste applicable mais devient moins généreuse en cours d'année : l'exonération de cotisations sociales passe de 50 % à 25 % pour les activités créées à partir du 1er juillet 2026. Si vous envisagez de créer votre activité cette année, démarrer avant cette date reste nettement plus avantageux pendant votre première année.
La contribution sur les très hauts revenus (CDHR) est prolongée
Pour être complet : la contribution différentielle sur les hauts revenus, qui garantit une imposition minimale de 20 % aux foyers les plus aisés, est prolongée pour 2026. Elle ne s'applique qu'au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence pour une personne seule (500 000 € pour un couple) — un seuil qui ne concerne donc qu'une infime minorité des lecteurs de ce site, mais qu'il est utile de connaître si votre activité a connu une année exceptionnelle.
Ce qui ne change pas (et qu'on confirme volontiers)
Les taux de cotisations pour la vente et les services BIC restent identiques. Les abattements forfaitaires applicables au régime micro (71 % vente, 50 % services BIC, 34 % BNC) ne sont pas modifiés. Et contrairement à des annonces parfois alarmistes, aucun bouleversement du statut auto-entrepreneur dans son ensemble n'est prévu pour 2026 — les ajustements restent ciblés.