Dividendes vs salaire en SASU 2026 : l'arbitrage exact
La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 a modifié les règles du jeu pour les dirigeants de SASU. La flat tax est passée de 30 % à 31,4 % au 1er janvier 2026, suite à la hausse de la CSG de 9,2 % à 10,6 %. Un point qui peut paraître marginal, mais qui rebat les cartes pour les faibles TMI.
La double imposition des dividendes
Les dividendes subissent deux niveaux de taxation. D'abord, la société paie l'IS sur son bénéfice (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % au-delà). Ensuite, sur le bénéfice distribuable restant, le dirigeant paie la flat tax à 31,4 %. Sur un bénéfice de 60 000 € : IS = 6 375 + 4 375 = 10 750 € → bénéfice distribuable = 49 250 € → flat tax = 15 465 € → net = 33 785 €. Taux de prélèvement global : 43,7 %.
Le salaire : moins net, mais des droits
Avec 100 % en salaire, les cotisations patronales et salariales représentent environ 85 % du salaire net (le dirigeant assimilé-salarié cotise aux mêmes régimes qu'un salarié classique). Sur 60 000 € de bénéfice avant rémunération : net ≈ 32 430 €. Moins qu'en dividendes, mais avec des droits retraite, une prévoyance et une assurance maladie de qualité.
Quand le barème progressif bat la flat tax
Depuis 2026, à 31,4 %, le point d'équilibre TMI/barème a bougé. Pour un contribuable à TMI 11 % : barème = dividendes bruts × (1 − 40 %) × 11 % + 18,6 % = 25,2 %. La flat tax à 31,4 % est moins avantageuse. À TMI 30 % : barème = 0,6 × 30 % + 18,6 % = 36,6 % → flat tax reste préférable. Le point de bascule se situe autour de TMI 11-15 %.
Le mix optimal : la stratégie des dirigeants avisés
La stratégie la plus répandue consiste à se verser un salaire minimal — juste assez pour valider 4 trimestres de retraite (environ 10 700 € de coût employeur annuel) — puis à distribuer le reste en dividendes. Cette approche maximise le net dans la poche tout en préservant les droits retraite du régime général, beaucoup plus protecteurs que le régime TNS.